Je me promets que je ne travaillerai jamais de nuit. Comme un zombie, j'enfile quelques vêtements chauds, prends un verre de nectar de mangue et sors dans la nuit. La sensation est comparable aux départs à partir de Mirabel (jadis) pour la République Dominicaine à 6h am, mais c'est pire, car je sais que je reviendrai au même endroit tantôt.
Enfin, c'est une autre aventure. On perd 33% de notre vie à dormir et à rêver, je peux bien faire une petite exception. Dodo will be next time. Du Bob Marley joue dans la voiture.
Nous voilà donc à nouveau rendu à Paia dans la boutique du Maui Sunriders. On nous fournit un pantalon et un coupe-vent imperméable (qui me donnent une allure d'astronaute biochimiste), une espèce de casque de motocross allégé, des gants dignes de nos hivers et un sac à dos avec carte du trajet et cadenas. On entend du Bob Marley dans la boutique.
Les vélos installés sur le toit de la camionnette, notre groupe assis, notre bastringue à nos côtés et 1001 bâillements plus tard, nous sommes prêts pour le départ. Nous suivons pendant 1h30 la route que nous descendrons éventuellement. La lune est pleine ce soir et nous permet de voir, à travers son faible rai de lumière, champs de cannes à sucre, maisons coloniales, arbres et églises qui parsèment notre parcours. Nous avons même la chance d'apercevoir un « moonbow », c'est-à-dire un arc-en-ciel de lune. Les couleurs ne sont manifestement pas aussi distinctes que lorsque pluie et soleil se côtoient, mais on les perçoit brièvement; un peu comme une très faible aurore boréale.
À 10 000 pieds d'altitude, le souffle plus court, plusieurs fanatiques de Rê, Apollon, Hélios ou autre (dont je fais apparemment partie) sont regroupés près du cratère. Vêtus d'anorak, de t-shirts (très logique à 4˚C avec des rafales de vent; c'est ce qui s'appelle ne pas s'informer ou ne pas résider au Québec) ou enrobés de serviettes et armés de leur kodak à zoom optique, de leur caméra digitale ou de leur téléphone cellulaire, tous sont en chasse du meilleur cliché. Le soleil est la proie. Une guide du parc national chante un hymne hawaïen en hommage de son lever.
Évolution du lever de soleil
Peu après, vers 6h30, nous entamons la descente sinueuse en vélo. Au moins, le flot de voitures est fluide. Nous partons à 6 000 pieds seulement, au grand dam de papa et au grand soulagement de maman, car le parc a fermé le début aux tours de vélo dû au grand nombre d'accidents. La vue de haut sur les bourgs, la verdure et la mer est splendide.
Ce que nous apprécions de notre tour c'est qu'on peut descendre à notre propre rythme sans se soucier des autres. Les autres groupes d'expédition poussent les cyclistes à descendre, en peloton, les pentes à 30 mph. De plus, ils sont obligés de s'attendre à chaque 5 miles, car une camionette les suit.

L'usine de canne à sucre brûle ses débrits. Notez la légère ressemblance avec une bombe atomique.
Nous déjeunons à Makawao, petit village aux allures western (les cow-boys hawaïens y résidaient à l'époque), sur la terrasse d'un bistro recommandé par Shane, notre conducteur. C'est excellent! Du Bob Marley résonne de l'intérieur du restaurant.
Voilà une nuit et une matinée bien remplies! En somme, ça valait drôlement la peine de se lever! En attendant au feu rouge, du Bob Marley émane de la voiture à nos côtés.
Au retour, sans question, une sieste de 2h s'impose. Puis, nous allons faire une saucette à la piscine and break time until tomorrow.
Aujourd'hui, 6 juin. Journée mémoriale du Jour J: Débarquement allié en Normandie lors de la Seconde Guerre mondiale.


Ahah t'en fais pas, tu le gardes tant que tu veux. J'suis content de voir que tu l'as lu au moins en partie.
RépondreEffacerPlutôt joli le lever de soleil! Tout votre voyage semble vraiment magnifique, ici, à Montréal, il fait froid..